Politique

Paris: Après la démission de Bruno Julliard, qui reste-t-il sur le bateau Anne Hidalgo ?


Bruno Julliard, premier adjoint d'Anne Hidalgo, a annoncé sa démission à la maire de Paris ce lundi, déclinant sa proposition de devenir son directeur de campagne pour les municipales de 2020…





Paris: Après la démission de Bruno Julliard, qui reste-t-il sur le bateau Anne Hidalgo ?
Il est aux alentours de 10 heures, ce lundi matin. La mairie de Paris commence à fourmiller. La veille, l’opération Paris sans voitures a été un succès. Anne Hidalgo, s’en félicite sur les réseaux sociaux à gros coups de retweets. L’ambiance est plutôt au beau fixe. Un sondage publié dans le Journal du Dimanche, place la maire de Paris au coude à coude avec Benjamin Griveaux (LREM), son livre Respirer sort dans une semaine et le Vélib’ commence à sortir doucement la tête de l’eau.
Mais quand Bruno Julliard lui annonce sa démission en face-à-face, c’est « le coup de massue », indique-t-on dans les couloirs de l’Hôtel de ville. L’interview de son désormais ex-premier adjoint est en ligne quelques instants plus tard sur le site duMonde. Un entretien fleuve qui charge la maire, sa politique, sa méthode. « Inconstance », « déficit d’humilité », « opportunisme », égraine Bruno Julliard. « Personne ne s’y attendait. La maire a été choquée. Même s’il y a tout de même une suite logique après leurs nombreux désaccords », ajoute-t-on.

Que reste-t-il des premières amours ?

« Il y avait des signes de désengagement ou de redistribution des cartes. Bruno Julliard n’était notamment plus adjoint au patrimoine depuis le dernier remaniement », note une source interne. Les mésententes et désaccords avaient d’ailleurs commencé à se cristalliser dès le début de l’année, sur plusieurs dossiers. Notamment en ce qui concerne la commande d’un rapport sur la propreté et plus récemment sur la question d’une police municipale armée ou la gratuité des transports. A 18 mois des élections municipales, Anne Hidalgo est-elle vraiment plus jamais seule que jamais ?

 
Sa victoire en 2014 fêtée en grande pompe place de l’Hôtel de ville paraît en tout cas aujourd’hui très loin. Avec Myriam El Khomri, l’une de ses porte-paroles de campagne, la guerre a été déclarée très tôt. Puis, certains adjoints ont cédé aux chants des sirènes d’En Marche. Julien Bargeton, ancien adjoint aux finances, prépare désormais la bataille des municipales pour LREM. Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme, et Mao Peninou, adjoint à la propreté, se sont également rapprochés du parti d’Emmanuel Macron. Quant à Ian Brossat (PCF), adjoint au logement, il est tourné vers les élections européennes. Alors, sur qui peut encore compter la maire de Paris après la démission de Bruno Julliard ?

« L’occasion de resserrer les troupes »

« Elle garde le cap. Cette démission va être l’occasion de resserrer les troupes », commente-t-on à la mairie. Anne Hidalgo, a nommé dans la foulée, Emmanuel Grégoire, déjà en charge du budget, en tant que premier adjoint. Christophe Girard, adjoint en charge des ressources humaines, a lui hérité de son côté de la culture. Soit des fidèles de la maison Hidalgo. Elle est actuellement à la recherche d’une personne pour le poste RH. Selon les informations de 20 Minutes, Roger Madec, ancien sénateur de Paris et conseiller spécial auprès du maire du 19e, a décliné l’offre. Selon Le Parisien, l’élue communiste Véronique Levieux est pressentie.
La maire de Paris va désormais avancer ses pions avec des adjoints fidèles comme Patrick Bloche, Dominique Versini ou encore Colombe Brossel. Du côté de son cabinet, elle compose avec son nouveau directeur de cabinet, Frédéric Lénica et son « noyau dur » : Serge Orru, son conseiller sur les questions d’environnement, Matthieu Lamarre, pour la communication et les relations presse. Et enfin Jean-Marie Vernat « à qui elle accorde une confiance aveugle », jure-t-on à l’Hôtel de ville.
Ancien directeur de l’information et de la communication (DICOM), Jean-Marie Vernat est en effet revenu au cabinet de la maire. Un poste qu’il connaît bien. Cet homme discret, qui fait partie de la garde rapprochée d’Anne Hidalgo, est son ancien directeur de cabinet lorsqu’elle était adjointe chargée de l’urbanisme. Après la bataille des municipales, l’homme derrière « Oser Paris » devient son « conseiller politique », avant de rejoindre la « com' » pour revenir ensuite au plus près de la maire, et ce dans l’optique de la nouvelle bataille des municipales. Selon une source interne, « Jean-Marie Vernat, c’est l’homme qui chuchote à l’oreille d’Hidalgo ».

Rédigé le Mercredi 19 Septembre 2018 par




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